La sensation du soleil qui lèche la peau, qui se frotte aux vêtements noirs, qui tente d’explorer chaque partie d’elle. Elle reste assise sous la douce brûlure qui réchauffe ses membres meurtris par un hiver trop long.
De temps en temps, une toux rauque s’échappe de ses lèvres. La superposition improbable d’épaisseurs en tous genre ne l’auront pas protégée d’un rhume tardif aux quintes aussi épisodiques que persistantes.
L’écran orange a remplacé les cauchemars noirs derrières ses yeux fatigués. La chaleur solaire est une écharpe d’assurance bienvenue. Assise au milieu du flux mouvant des promeneurs qui chuchotent, qui crient, qui se taisent, seul ou en délégation, elle ne prend plus la peine d’ouvrir un oeil quand les cris sauvages de jeunes ouistiti ragaillardis par les beaux jours se rapprochent dangereusement.
Elle a réappris entre deux lignes que le silence soudain fait réapparaître des angoisses tapies mais elle a appris à faire face, à serrer les dents, à rester illuminée par les projets couverts d’une épaisse couche d’ennui poisseux. Elle rirait bien, elle pleurerait bien mais le ressort est cassé, quelque chose a cédé quelque part entre le coeur et le cerveau. Alors, elle se laisse réchauffée et le murmure de la Ville rythme ses pensées épars.

