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refuge des mots

Photos juillet 3, 2008

Classé dans : Uncategorized — histoiredeux @ 6:54

comment décrire une photo et le choc qu’elle nous procure?

Il y a la texture, toutes ces matières que l’on ne sentait pas mais qui viennent titiller nos sens. 

Elle nous présente le grain d’une peau que nous sentons par nos yeux. Chaque matière s’anime. Nous en  ressentons toutes les aspérités, les moindres détails de leur finesse. Nous les vivons tantôt rugueux mais souvent lisses et d’un esthétisme parfait. 

Je ne sais pas ce que c’est qu’est la photographie d’art. Ces morceaux de la réalité coupés de leur contexte, grossis, embellis parfois à l’extrême. Nous sommes fascinés par la photo alors que nous ne le serions pas devant l’obet qu’il représente. Il est un médiateur formidable qui décuple nos émotions. Qui nous les rendent palpables, entièrement analysables ou presque. 

Il y a le sujet, tout, n’importe quoi. Je m’imagine le photographe, en balade, avec son matériel. Ce matériel qui ne pèse rien dans le rendu final, mais qui est là, disponible, rendant les prises belles et faciles. 

J’aime leurs sujets. Les gens, tous beaux, tous rendus à leur humanité belle et désirable. Cela m’aide de penser que tout le monde a en lui cet éclat de beauté indissoluble et indestructible. Dans le métro, je regarde ces gens, cette masse inerte, mouvante et obstinée. Je les regarde un à un, je les tire du flou des “gens”, je les regarde. Je ne veux pas qu’ils croient quoique ce soit, juste que là, en cet instant précis, je les trouve beau, je tire le meilleur parti d’eux, je ne les juge pas. 

Il y a donc le sujet de la photo. Derrière un appareil je ne suis confrontée qu’à des sujets touristiques. Les quelques clichés que je prends ne sont pas beaux parce que je veux tout mettre dedans. Le soleil, la mer, ma joie, les personnes présentes… Les photos disent beaucoup en concentrant leur vue, en ne captant que le substrat, ce qu’il ne fallait pas rater. 

Les photographies me fascinent par leur arbitraire. Pourquoi ce trombone, cette roue, ce monument?

Puisque l’objectif rend tout beau, pourquoi ne pas tout photographier?

Il y a beaucoup plus dans une photo, il y a une véritable magie et les peuples qui ne la connaissaient pas ont bien raison de s’en méfier. Les photographies sont magiques, elles ont le pouvoir des images qui rendent les choses absentent immédiatement présentes à nous. Elles cristallisent le moment en le rendant éternel. Elles prennent le droit de recréer un monde pourvu d’un seul oeil.

 

 

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