Depuis le début, depuis notre amour, depuis cette course folle il faut écrire. Je me confortais en pensant que tu le ferais, que je serais ton roman. Parce que moi je n’écris pas aussi bien que toi, parce que c’est ton écriture qui m’a chaviré le coeur. Mais je ne sais pas si tu as seulement écrit une ligne sur nous. Il y a le prétexte de l’amour trop grand, du bonheur dévastateur qui rend bête. Et puis il y a le temps qui passe incertain d’abord puis routinier ensuite. Aujourd’hui cela fait un an que nous nous connaissons, vraiment. En te parlant d’un souvenir, en voyant ton souvenir à toi en chair et en os je peux maintenant nous écrire. Nous écrire parce que nous vivons est tellement dense que jamais nos mémoires n’y suffiront. Il y eu tant de soirée magnifiques, tant de nuits à pleurer.
Je ne me rappelle plus de celles où je trainais ma rancune dans l’insomnie. Celles qui me laissaient la rage au ventre. Celles où je pouvais partir. Celles où l’on se dit, voilà c’est fini. mais non, nous avons tout surmonté. A peu près tout. Je me suis accrochée à cet amour comme jamais, je désespérais de trouver ce que j’étais venue chercher en toi, l’amour fou, l’amour sans barrière, l’amour sans ridicule. Tu t’étais enveloppée dans une belle écharpe de tristesse et de beaux souvenirs douleureux à conserver, des souvenirs qu’il ne faut pas trop remuer pour ne pas qu’ils s’évaporent facilement. Tu ne savais pas si je pourrais t’en offrir de pareils.
Hier soir, j’étais fière de toi, fière de ce que tu es devenu. Tu marches la tête haute, tu ris aux éclats sans plus aucune angoisse au fond de la gorge. Tu exposes notre bonheur sans en faire ton arme. Tu le montres dans tes yeux, dans ta main qui me cherche.
Oui il faut l’écrire notre amour, je veux me souvenir de tout, de tout, de tout.

